ALLÔ ? LA LH REPREND DU SERVICE !

Edito

Connaissez-vous l’OuLiPo ? L’Ouvroir de Littérature Potentielle ? Non ? Et pourtant, ce collectif d’écrivains, actif depuis sa création par Raymond Queneau et François Le Lionnais en 1960, est peut-être le chaînon manquant entre écriture et mathématiques, s’il en fallait un. Voilà maintenant 60 ans que leurs membres inventent et mettent à l’épreuve des contraintes d’écritures ; certaines sont matheuses ou combinatoires – comme les sextines, poèmes à six strophes dont les fins de vers suivent une permutation bien précise – et d’autres non : les lipogrammes par exemple, textes dans lesquels une lettre est absente (La Disparition de G. Pérec étant le lipogramme en « E » le plus fameux).

Il se trouve que nous comptons l’un de leurs membres actuels dans les rangs de nos professeurs ! Mme. Beaudouin, pour la citer, a d’ailleurs accepté de présenter l’activité des siens à quelques-uns d’entre nous, qui avons décidé de monter notre propre club d’écriture sous contraintes : Téléplume ! Si nous n’avions pas imaginé l’étendue des contraintes possibles, une chose est sûre : ces petits exercices de style ont toute leur place dans notre journal. J’envisage une contrainte hebdomadaire ou mensuelle, et vous livrer à vous-mêmes. Qu’en diriez-vous ? Si par ailleurs le club vous intéresse, contactez-moi et vous serez les bienvenus. D’ici là, bonne lecture, et bonnes retrouvailles avec la LH !

Anatole L., rédacteur en chef

Hello Matelot !

Tu te retrouves un peu perdu dans l’infini de tous ces champs, la monotonie des travaux et la N118 révèle une soudaine envie en toi de prendre le large, de sentir une légère brise gonfler tes voiles, d’entendre l’eau déferler sous ta coque, fendre la Mère euh … La Mer d’un air suave et certain. Et ne laisser qu’une traînée d’écume blanchâtre derrière toi (hum hum).

Quelques soient tes raisons de vouloir prendre le gouvernail, sache que nous avons recréé l’association TelecomVoile, et qu’on est vraiment motivés à vous offrir du lourd, moussaillon.

Le futur matelot que tu es ne connait peut-être pas les bases de la navigation. Si pour toi navigateur rime davantage avec recherche Internet qu’avec marin, alors tu pourras venir à notre amphi théorique (les PC pas besoin de réviser la méca-flu) pour te familiariser avec les termes : choquer / border / régate / bout… Ou pour les plus courageux expérimenter directement sur l’eau avec les sorties après-midi-découvertes dans les club nautiques des alentours (Saint-Quentin (Lac) / Sèvres (Seine) : environ 20-30 min de route).

Après l’entraînement, pour suivre les traces de nos anciens qui ont jadis remporté la course de l’EDHEC (pas mal pour une ‘’petite’’ promo) nous nous préparons pour de futures compétitions étudiantes, et avons quelques régates dans le viseur pour représenter Tetech <3.

Enfin, après avoir ramené la coupe à la maison (Inch’Allah) et parce que le grand large en demande toujours plus, vous pourrez monter sur le ponton lors d’un week-end voile. 2 jours d’habitable : 2 jours de bonheur. Dépaysement et sensations garanties.

Allez checker notre page fb Téléquipage.

Comme disait l’ami Renaud : « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mère qui prend l’homme. »

Dans la hâte de vous voir chavirer !

Huan T. pour Téléquipage

Télécom Cook Club

Bonjour à tous ! Chaque semaine, le Telecom Cook Club vous régale avec de nouvelles recettes dans la LH.

Cette semaine, thème italien avec les pâtes carbo de Quentin. Envoyez vos recettes, avec photos à l’appui, au TCC (@telecomcookclub sur Instagram, mais aussi sur Facebook) et soyez sélectionnés pour les prochains numéros !

D’ici là, bon appétit et à la prochaine.

Pâtes (4 personnes avec un appétit normal)

⚠️ La farine est essentielle à toute les étapes. Toute surface que touche(nt) la/les pâte(s) doit être recouverte de farine. Sinon, ça colle. ⚠️

Ingrédients :
• 400g de farine
• 4 oeufs
• 1 cuillère à café de sel

Etapes
• Dans un saladier, verser la farine et en former un puits
• Casser les oeufs et mettre leur contenu dans le puits, avec le sel
• Mélanger la pâte à la fourchette, puis la travailler à la main jusqu’à avoir une pâte homogène
• Ajouter de l’eau si l’on a du mal à bien mélanger la pâte (le moins d’eau possible)
• Faire une boule (penser à l’entourer de farine pour éviter que ça colle), puis laisser la boule reposer dans le saladier recouvert par un torchon pendant 30 minutes
• Recouvrir le plan de travail de farine
• Prendre un morceau de pâte, l’aplatir un peu
• Puis le faire rentrer dans la machine à pâtes
• Faire des aller-retours en augmentant petit à petit la finesse, en pensant bien à ajouter de la farine en permanence pour que ça ne colle pas
• Puis faire rentrer la pâte fine dans la partie qui coupe les pâtes en spaghettis
• Au fur et à mesure que les spaghettis sortent, penser à ajouter un nuage de farine, pour éviter qu’elles ne collent entre elles
• Quand les pâtes sont prêtes, les faire cuire dans de l’eau pendant 1-2 minutes (penser à GOÛTER pour vérifier la cuisson, surtout que certains les préfèrent fermes et d’autres fondantes)
• Penser à rajouter de l’huile d’olive pour le côté italien

Sauce carbonara

Ingrédients
• 50cL de crème fraîche
• De l’huile d’olive
• 3 jaunes d’oeufs
• 1 pincée de sel
• 1 pincée de poivre
• 250g de lardons
• 1 oignon
• (certains ajoutent 60g de parmesan mais je n’aime pas le fromage, perso)

Etapes
• Couper l’oignon en petits morceaux
• Faire revenir les morceaux d’oignons à la poêle avec un filet d’huile d’olive
• Ajouter les lardons quand les oignons sont bien dorés
• Mélanger l’oeuf, la crème fraîche, le sel et le poivre dans un saladier
• Ajouter le mélange à la casserole
• Lorsque le tout est bien chaud et cuit, la sauce est prête

Remarques philosophiques

  1. Prenez un tout petit oignon si c’est pour un date. Prenez du Prosecco ou faites des Spritz si vous êtes vraiment déter. Ca fait grave italien.
  2. Pensez à ajouter de l’huile d’olive, ça fait très italien et c’est très très bon.

Quentin S.

Le sophisme de la semaine

Le Faux Dilemme

Synonymes :
Exclusion du tiers, fausse dichotomie, énumération incomplète

Principe :
Un argument appliquant ce principe argumentatif présente deux options choisies comme une dichotomie du champs des possibles. Un problème donné possède soit une solution A, soit une solution B, et l’on se doit de choisir parmi ces deux uniques options.

Problème :
Un tel raisonnement prend pour acquis qu’il n’existe aucune autre solution que celles qu’il présente mais ne le démontre pas. Il pourrait très bien exister des solutions C et D auxquelles l’auteur de l’argument n’aurait pas pensé.

Exemples :
« Si vous n’êtes pas avec moi, alors vous êtes contre moi »
« Soit tu fais des études, soit tu finiras à la rue »

Réponse :
Un tel argument peut être facilement contré en explicitant une troisième option que son auteur n’a pas envisagé. Cependant, ce genre d’arguments est souvent utilisé par des personnes surestimant leurs connaissances, et probablement hostiles à la conversation ; et les confronter aux limites de leur savoir pourrait leur faire croire que vous cherchez à les humilier. Il est donc primordial de faire preuve d’assertivité pendant votre explication.

David G., extrait de PACE

Nous Toutes, 23/11/19

Le Samedi 23 Novembre dernier a eu lieu à Paris une manifestation de grande ampleur menée par le collectif féministe « Nous Toutes » afin de sensibiliser contre les violences sexistes et sexuelles. Il s’agissait donc d’un front uni, qui dénonçait entre autres les projections du dernier film de Polanski (accusé de viol) et les 137 féminicides ayant eu lieu depuis janvier. Cette manifestation fait écho à toutes celles qui ont eu lieu depuis début septembre 2019, pour ne pas laisser retomber la ferveur après les courants #metoo ou #balancetonporc. Comme toujours, il y a des choses à prendre et des choses à laisser dans ces manifestations – voici mon avis sur celle d’aujourd’hui.

D’abord, j’ai regretté de ne pas y voir plus d’étudiants. En effet, malgré une présence accrue d’étudiantes, il devait y avoir seulement 10% de moins de trente ans chez les hommes, déjà peu représentés… La plupart des hommes présents étaient pour ainsi dire des seniors ! Assez ironique quand notre génération se veut la plus équitable, tolérante et acceptante. Est-ce à dire que la jeunesse masculine ne se sent pas concernée par les questions de féminisme ? Peut-être pas, mais ça a au moins le mérite de poser la question.

Ensuite, les accusations d’inaction du gouvernement sur les questions de féminicides… sont à mon sens totalement fondées. Depuis septembre, les chiffres ne font que croître : pour rappel, 137 femmes avaient été tuées de la main de leur conjoint ou ex-conjoint en France métropolitaine sur l’année 2019, à la date du 23 novembre. Depuis septembre, les manifestations ne font que se multiplier et grandir – environ 50,000 personnes en France, dont 30,000 à Paris le 23 d’après les manifestant(e)s, 12,000 selon les forces de l’ordre. Pourtant, depuis septembre, le gouvernement n’a quasiment rien fait pour la cause – sauf si on considère qu’ouvrir une ligne d’écoute est un moyen d’action, ce qui n’est pas mon cas. Pour autant, tout n’est pas blanc du côté des manifestants ; dans ce compte des « féminicides en France » estimé à 137, si souvent utilisé par les médias, les territoires d’Outre-Mer ne sont pas comptabilisés ! Ce faisant, c’est la mort d’au moins trente femmes (d’après la plupart des estimations) que l’on oublie. Trente. On pourrait en outre argumenter qu’oublier les 30 hommes morts sous les coups de leur compagne ou compagnon est normal dans une manifestation féministe ; néanmoins personne n’en entend jamais parler, et une foule aussi conséquente que celle que « Nous Toutes » a rassemblé aujourd’hui aurait permis d’amener le sujet sur la table, avec la même gravité qui est allouée aux féminicides. En bref, il s’agit là d’un sujet grave, mais comme souvent manipulé par les médias dans le but de faire du clic… Ce qui mène malheureusement à une connaissance soit erronée, soit tronquée, du sujet gravissime dont il est question.

En plus de féminicides, le cortège se voulait contre les violences sexuelles, et cette revendication prenait le pas sur la précédente devant les cinémas dans lesquels le dernier film de Roman Polanski était à l’affiche. Ce dernier, accusé de viol (souvent sur des mineures) à plusieurs reprises depuis les années 70, a été accusé puis relaxé maintes fois par la justice, il a également été arrêté puis libéré… Au point que l’opinion publique estime qu’elle sait mieux que la justice comment faire son travail. Le point délicat ici est surtout que la plupart des faits dont il est accusé aujourd’hui remontent à plus de 30 ans, et il y a donc prescription, ce qui rend la justice inefficace, même sur les faits gravissimes dont il est question dans lesdites accusations. Alors, scander « Polanski, violeur » devant les cinémas où il est à l’affiche, est-ce que ça apportera justice sur ces affaires horribles pour les victimes, ou est-ce juste de la diffamation ? Encore une fois, ça a le mérite de poser la question.

Enfin, mon principal problème avec cette manifestation était l’espèce de convergence des luttes qui se voulait bienveillante, mais qui était très maladroite… Je m’explique. Dans ce cortège, il y avait plusieurs groupes majeurs qui dirigeaient chacun un petit bout de foule ; la plupart luttaient dans la même direction et pour les mêmes causes. Cependant, certains groupes, plus restreints, manifestaient pour leur propre cause, utilisant cette manifestation féministe pour donner de la voix pour ladite cause. Ainsi, on a pu entendre des « Personne n’aime la police », « La police n’aime personne » ou encore pire, « Flics, violeurs, assassins ». Le raccourci est quand même vite fait, non ? D’une part, les généralisations sont affligeantes et n’ont pas leur place dans un cortège comme celui-ci, et d’autre part, même si on pourrait argumenter que la dernière a sa place dans une manifestation contre les violences sexuelles (ce que je ne ferai pas), les deux premières n’ont simplement rien à voir avec le sujet, rien du tout. Encore, si la police bloquait l’avancée de la marche, on aurait pu comprendre, mais même pas. C’étaient des insultes gratuites à l’encontre de policiers dans une manifestation contre les violences sexistes et sexuelles.

Ce dernier point est pour moi caractéristique des dérives de la récupération politique du sujet. Même si elle est, toujours d’après moi, nécessaire pour donner de la visibilité à cette cause pour l’instant (je n’avais pas entendu parler du collectif « Nous Toutes » avant cette manifestation). Le problème est que certains partis veulent se joindre à la lutte pas seulement pour soutenir la cause, mais aussi en vue d’une publicité gratuite. Néanmoins, là encore, tout n’est pas tout noir, puisque certaines propositions politiques font sens et sont intéressantes (par exemple débloquer un fonds dédié à la cause).

Pourtant, malgré tous ses défauts, ce cortège était beau. Il était certes épars, maladroit ou peu énergique parfois, mais il était là. 30,000 personnes qui se sont réunies pour scander « Solidarité avec les femmes du monde entier » avec plus ou moins de rythme, pour donner toujours plus de visibilité à la cause féministe, et pour inciter le gouvernement à prendre les mesures qu’il faut pour qu’il n’y en ait « pas une de plus » qui périsse sous les coups de son (ex-) compagnon. C’était un cortège qui était composé de femmes, d’hommes, de trans, de jeunes enfants, de seniors, de tous ceux qui pensent qu’il faut en finir avec les folies dont font état les statistiques que je vous laisse ci-dessous. C’était un cortège imposant pour une cause importante.

Violences en France métropolitaine :
– 220 000 femmes majeures victimes de violences physiques ou sexuelles par leur conjoint
– En 2014, 35 enfants sont morts et 110 se sont retrouvés orphelins d’un père ou d’une mère à la suite d’une dispute violente entre deux parents
– En 2019, au 23/11, trois femmes sont mortes par semaine sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en moyenne
– Toujours en moyenne, une femme sur 25 subit un viol ou une tentative de viol dans sa vie
– 75% du temps, ces viols sont commis par une personne connue de la victime

Statistiques issues d’articles de Libération, L’Express, de comptes Twitter de collectifs féministes comme « Nous Toutes » et de l’article Wikipédia sur les viols en France (enquête VIRAGE))

Benjamin T.